C’est sans compter sur le Vent, qui, dans ses contrées battues par les Alizés (wououh…) peut vous aider à revivre ce genre d’instants… Car, soufflant comme il souffle actuellement, sur le Cap Vert en particulier et l’Atlantique en général, il peut vite vous dissuader de pointer le nez dehors… Un seul trajet en annexe et vous comprenez vite qu’il aurait presque fallut enfiler une veste de quart pour faire face à l’assaut humide des embruns… Une petite sortie dans Palmeira et vos yeux, bouche, oreilles, apparaissent comme autant d’orifices propres (enfin non justement) à recevoir des milliers et minuscules grains de sable qui piquent, chatouillent ou crissent sous les dents…

Et puis le froid … muilto frioù, je vous jure, on a eu froid ! ici aussi ! Au cap vert ! Polaire, vareuse, pull et tutti quanti dès la nuit tombée (oui, je vous l’accorde, seulement à la nuit tombée)… les gens ici n’en reviennent pas… Sans parler du bateau qui, recouvert ainsi de cette couche brune, se mue doucement en cours de Rolland Garros (ce qui induit un autre proverbe : si tu attends une fenêtre, ferme tes hublots…) …

Quand le vent tombera enfin, quand la mer ne sera plus couverte d’écume, quand la poussière cessera de voler, je suis sure qu’il y aura ici un je ne sais quoi proche de l’effet d’un premier rayon de soleil après trois mois de pluie en Bretagne…




Que faire donc, quand cette fameuse fenêtre météo reste désespérément fermée ?



Leçon numéro 1, fruit d’une longue maturation 2008 et des bonnes résolution 2009 : ne pas se laisser aller au désespoir…

Leçon numéro 2 : regarder autour de soi et y trouver :

- Un bateau douillet duquel il fait bon écouter souffler les rafales, en relisant tout Pennac et en buvant du thé, tandis que Steph poursuit scrupuleusement l’inventaire de notre vidéothèque tout en améliorant dangereusement sa recette de pop corn au caramel...

- Ce chouette petit village de la Palmeira, avec sa boulangère aux yeux verts, son petit bistrot du port, son punch et ses embuscades si l on y croise Zidane , Denis ou Mauricio, ses retours de pêche, les brochettes de Belleza qui vous font attendre le week end avec autant d’impatience que si l’on était aux 35heures, les dimanches soirs au Capricornio, le bar boite local qui totalise le plus de causes de divorces dans toute l’ile de Sal (après étude attentive des chorégraphies, on a compris pourquoi…), les dessins de Sandro (10 ans) pour « Belondin et Etefan », le thé chez nos copains sénégalais… ou autant de bonnes raisons de braver la tempête en annexe (et encore nous on a du bol on a un moteur, sinon y a de quoi se faire une carrure d’athlète à la rame…)

- Yann et Stan, à bord de Kaneka, qui entre autres qualités possèdent celles d’aimer la rando, la quinoa et le Trivial Pursuit et ça ce sont des critères qui ne trompent pas ! Fournisseurs officiels de poissons quand le vent permettait encore de plonger, ces « explorateurs » sont également de fidèles compagnons quand il s’agit d’aller découvrir les vagues qui font rage à Pedra Lume, ou encore Boa Terra, une large bande verte aux airs de Savane qui constitue la seule zone cultivée de Sal, bref autant de balades qui font du bien quand l’espace confiné du bateau commence à se faire trop étroit…




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Auquel il faut ajouter des talents de coiffeurs, graisseurs de winch ou passeur de bouts, doublés des soirées guitare/cassoulet ou trivial pursuit/pop corn qui achèvent d’en faire des voisins sympathiques. En plus, ils mènent un projet intéressant à découvrir par ici : www.uneiledeuxportraits.over-blog.com





Toujours à Sal donc, l’île la plus désertique, la plus aride, la plus plate, la pas très grande… Et pourtant, il y a dans l’aridité de ce paysage quelque chose d’assez impressionnant et singulier, et surtout ce petit village de Palmeira dont les habitants sont tout sauf emprunts de cette sécheresse qui les entoure, et qui fait qu’on se sent assez vite chez soi…

Et Heureusement ! Car il est des bonnes résolutions quand même pas toujours évidentes à tenir… Vous aurez noter j espère tout l’optimisme contenu dans ce billet, cette capacité à positiver désormais… Certains trouveront sans doute, et à raison, que cet accès de bonne humeur nuit à la qualité de l’écriture, laquelle se révélant quand ma plume est acide plutôt que doucereuse… Stef se proposait de me mettre régulièrement en colère… je crois que je vais plutôt essayer d’améliorer le style…

Considérations pseudo stylistique à part, le Sénégal reste toujours notre objectif, notre quête, notre Graal… mais l on s’applique en attendant à battre le record du tour de l’Atlantique le plus long, avec des escales qui durent toujours plus longtemps et de nombreuses assistances…

PS : La semaine qui s’annonce est prévue moins ventue… vasistas, fenêtre, véranda, l’Afrique derrière la vitre ???

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