Fidèle a sa réputation, la Belle Verte poursuit son opération de démystification quant à la vie en bateau … Adieu carte postale, coucher de soleil et eau cristalline dès la descente de l'avion: vivre en bateau, c’est aussi être dépendant de la météo ; vivre en bateau, c’est découvrir aussi des pays ou parfois, il pleut …

Tandis que les membres de cette chère petite famille se réjouissaient depuis bien longtemps de cette verte croisière, tandis qu’ ils s’étaient parés de crème solaire, lunettes et maillots de bain, tandis qu’en quittant le sol breton ils s’imaginaient de ce seul fait déjà bronzés, l’impensable est survenu : 10 jours de pluie en début de séjour, l’astérisque illisible fatale de fin de contrat, celle qui précisait qu’avril marquait le début de la saison des pluies au Brésil! On vous jure, nous non plus nous ne savions pas…

Et pas du petit crachin armoricain : de la pluie tropicale, diluvienne, des cieux noirs et chargés, de l’horizon bouché et du vent en rafale…

                          

Forts et résignés, ils n’ont cependant pas refusé la navigation « mode gros temps » habituellement peu choisie par les clients sur notre catalogue, et qui nous a valu la plus belle vague dans le cockpit depuis le début du voyage ! Ce courage et cette détermination leur ont valu un séjour bien plus ensoleillé par la suite, et le respect de tous ceux qui les ont croisés… pour les malchanceux qui n’ont pas eu cette joie, en voici un petit portrait …

         

Jules, alias Tabarjules :

Terrien pur jus, ce jeune agriculteur a pourtant fait valoir des qualités marines hors pair . Bon rameur lorsque le moteur de l annexe nous a lâché, il n’a pas son égal non plus pour remonter l’ancre (modèle "soc de charrue" tout de même) à la force de ses bras . Si l’espace réduit de la Belle Verte a posé quelques problèmes à sa grande silhouette, il n a pas hésité à braver le courant et les rives boueuses du Paragaçu pour rejoindre la terre ferme . Grand amateur d’ histoires de mafieux, braqueur de banque et flics à bi flingues , il prépare cependant délicieusement bien les lasagnes et les aubergines à la parmesane . La vue de dauphins n a pas surpassé sa passion pour les bovins, mais les plages de sables blancs n’ont pas manque d’engendrer chez lui de grandes questions existentielles sur le futur de la classe paysanne en Europe . Séquelles de ce séjour au Brésil : ne peut plus s’exprimer sans lever le pouce à tout bout de champ (c est le cas de le dire) et rêve de programmer Picoleishion, le vendeur ambulant de glaces et cocktails de la plage d’Itaparica à la prochaine édition de son festival rural. Signe particulier : Chéri de Chéché.

Sabine

Éclairagiste de talent, elle a en premier lieu modifié la lumière du cockpit pour faire plus « ambiance » . Conseillère mode sans frontière, elle est imbattable sur le choix des tongues Havaianas « slim », des robes à paillettes ou dos nu, pareo, lunettes de soleil stylées et moment gommage ! Adore se lever à l’aube pour voir le jour et la brume de dissiper sur le village de Santiago de Iguape . Adore prendre des photos, ce qui sauve l'illustration de ce blog... Maîtrise la gestion du rangement en espace réduit, les nœuds, la baignade à toute heure, et se laisse facilement tenter par la « cerveja bem gelada » . Signe particulier : Chérie de Chéché

Malou

Fan incontestée du squattage de hamac sur le pont, elle se passionne également pour la pêche aux coques, les poissons, l’astronomie, la confection de petits gâteaux et l’équitation sur la plage. Grande amatrice de farine de manioc, de confiture mangue/maracuja et de mocqueca, elle développe un intérêt inversement proportionné quand il s’agit de réviser grammaire et mathématiques…Toujours partante pour un scrabble, un yam’s s ou une guerre des moutons, c‘ est cependant quand elle danse à fond en écoutant DJ Zebra très fort quelle s’éclate le plus . Son récit (quasi...) quotidien de son séjour au Brésil est sans concession quant aux travers des adultes que nous sommes, mais il faut bien le reconnaître, assez criant de vérité ! Déteste les douaniers aux aéroports qui, non contents de nous ôter le calva de la bouche et la colle de l'annexe à l'aller, lui ont piqué son pot de confiote au retour.

Clémentine

Être dont la taille est la plus adapté aux dimensions de la Belle verte, elle a appris très vite à se déplacer dans le bateau même au prix d’escalades rocambolesques . Épicurienne jusqu au bout des doigts, bananophile notoire, capable d’avaler une assiette de spaghetti en se tournant les oreilles, ses belles joues en ont fait la coqueluche des brésiliennes . Au son des « maaa qué lindaaaaaa ! » (mais qu elle est jolie !), telle la reine d’Angleterre, elle se déplace dans les villages en agitant sa petite main ou son pouce à grand renfort de « bom dia »! Technique idéale pour se faire refiler sucettes et biscuit dans les épiceries… Capable de continuer à jouer avec son tracteur à l’intérieur du bateau par force 12, et de chanter la fête à la grenouille après la 8e averse de la journée. En parlant de grenouille, elle s’est d’ailleurs passionnée pour « les petites bébêtes », et l’ incroyable chant des diverses grenouilles brésiliennes au crépuscule (véridique).

Le Brésil

Et plus précisément la baie de Bahia. 7e personnage incontournable de ce périple, puisqu' elle en constitue le décor et la toile de fond. Vous le décrire serait présomptueux, au mieux peut on vous en donner quelques impressions. C'est vert et luxuriant coté nature, multicolore coté habitants, souvent pauvre, parfois très riche, avec l'émergence d'une classe moyenne depuis Lula, violent parfois, tranquiiiiiiiiiiiiilo souvent, bruyant, festif, festif, festif, mélange surprenant de traditions et de "modernité", bourré de bistrots et d'églises en tous genre, des vielles portugaises , des baptistes, des évangélistes, des pentecôtistes, des adventistes... nous au milieu de tout ca, on sait plus trop à quel saint se vouer, mais on prend nos marques!

Depuis ce généreux quatuor est retourné en Bretagne, nous avons accueilli pour un dernier et non ascétique week end mes parents revenus sains et saufs d’Amazonie.

Depuis, nous avons retrouvé les copains déjà croisés en Casamance ou ailleurs: Gégé et Soizic, Jimmy et Mumu , Kim et Martha, Diane et Laurent, ce qui constitue une sacrée colo au mouillage...

Depuis nous reprenons la vie à deux sur la belle Verte, Tonton Gégé nous a sauvé le moteur de l’annexe, je fricote avec la notion de profit et de grand capital en vendant des confitures made in boat, et nous sommes en pleine recherche d’emploi estival pour cause de caisse de bord ni belle, ni verte.

D’ici la, on partirait bien se balader du côté de Camamu, mais les aléas beauverts ne permettent de présager de rien, vous l’aurez compris…