Commençons par rendre à César son dû. Je parle du capitaine fondateur de ce blog, Jean-Marie. Sans lui, ce voyage ne vous serait pas parvenu avec la même intensité et peut-être, la plume de Blandine ne se serait pas tant exercée. Je dois d’ailleurs confesser une légère animosité à son endroit (je parle de Jean Marie) puisque c’est aussi sous le vent de cette même plume que l’on doit notre atterrissage à Toulouse. Je voulais voir Rio, on a vu le Mirail ! Amis Toulousains, ne le prenez pas personnellement...

Le 10 juin 2000, sur le port du Moulin Blanc j’appelai Anne, pour lui dire que j’achetais son bateau alors dénommé An Alarc’h. Quatorze années de vagabondage heureux et de bricolage intensif plus tard, ce mardi 10 juin 2014, Adriana concluait la vente de La belle verte. Celle-ci de porter dorénavant le nom de Madame rêve. De quoi faire terre, je veux dire taire les mauvaises langues qui disent que les beaux verts ont un souci avec les agendas !

Plus tôt, je vous apprenais que Blandine m’avait laissé la main pour cette dernière tribune poétique. C’est donc tout aussi sportivement à Blandine que j’adresse cette deuxième révérence chapelière. Trouver dans ces récits toujours autant de fraicheur et de spontanéité au énième contretemps, à la toute dernière panne, un tel souffle romanesque la place aussitôt au rang d’un Dumas ou d’un Tocqueville. Je ne dirais pas davantage, je l’imagine déjà rougir, gênée de la comparaison… A moins que ce ne soit de la syntaxe.

Convenons-en, ce voyage n’aura pas été toujours un long océan tranquille ; et fort heureusement. A chaque montagne, il y eut une rencontre. Aussi, je continuerai par abaisser mon haut de forme pour les amis, les bienfaiteurs, les petites mains qui ont fait que Madame rêve aujourd’hui au Brésil. Pour les remercier de ces témoignages d’amours et de fraternité qui ont soufflé dans nos voiles. Si certains pensent que je suis tombé en mièvrerie en employant de tels mots, soit. Sachez pour les autres, que ces moments, lorsque nous avons quitté le bord de La belle verte, nous les avons soigneusement empaquetés et rangés ici, dans notre nouvelle barque. A l'exemple de Jacques et Yves, rencontrés en escale à la Corogne en 2007, peu après notre départ de Brest. Comme beaucoup d’entre vous, ils nous ont ouvert les portes des océans, en chanson... Ecoutez la par là

De savoir que ce bateau, après avoir traversé nos vies et l’océan Atlantique, va continuer de caboter le long des plages Brésiliennes, je suis content pour lui, je veux dire pour elle. J’irai par ailleurs jusqu’à dire que cette dernière saison fût la plus haletante. Et quel dénouement ! J’incline mon couvre chef pour les auteurs de cette apothéose, pour Juliano, Iolanda, Marcelo, Paul et tel Othello, Lo.

J’ai toujours reproché aux récits d’aventure de ne pas dire ce que sont devenus les protagonistes. Nous avons tous les trois un agenda désormais. Blandine côtoie les bancs de la fac et les pavés de l’écriture. Awa prépare sa draisienne pour sa première rentrée. Et me voici travailleur social auprès des Gens du voyage sédentarisé … Ironie, oh ironie.

A tout ceux qui auront lu ce billet jusqu’au bout, je vous demande une dernière chose (avant la prochaine). Mettez des chaussures légères, videz vos poches, sortez dans la rue. Trouvez-vous un petit bout de mer, un bolong, un rio, une flaque ou même un canal et souhaitez un beau voyage à Madame rêve et à Dona Adriana.

Et soyez heureux comme nous le sommes, comme Ulysse le fût.

Steph